histoire tirée d'un bouquin
" Lors d'un séminaire aux Etats-Unis, à la célèbre université d'Harvard, un vieux professeur de philosophie fut sollicité pour tenir une conférence devant les plus hauts dirigeants de la planète.
Le thème en était le temps.
Ces hommes et ces femmes responsables du destin du monde étant très occupés, le professeur ne disposait que d'une heure pour dispenser son enseignement. Il se présenta devant cette illustre assemblée et la salua d'un sourire. Il scruta les visages lentement, un par un. Son attitude calme contrastait avec celle, surmenée, de son auditoire.
Sans un mot, il se pencha et saisit, sous la table derrière laquelle il se tenait, un grand pot en verre transparent qu'il plaça avec précaution devant lui. Ses gestes étaient posés et lents.
Ensuite, il sortit, toujours de sous son bureau, une douzaine de galets gros comme des oranges, et les déposa un par un dans le récipient. Lorsque celui-ci fut rempli et qu'il fut impossible d'y ajouter un seul caillou, il leva doucement les yeux vers l'assistance et demanda:
-Le pot est il plein ?
Tous répondirent :
-Oui!
Il ménagea son effet et reprit:
-Vraiment ?
Il s'inclina à nouveau et prit sous le pupitre un sac de graviers. Lentement, il les déversa sur les galets. Puis il secoua légèrement le récipient. Et les graviers s'infiltrèrent entre les cailloux...jusqu'au fond.
Le professeur regarda son auditoire et demanda :
-Le pot est-il plein à présent ?
L'assemblée, perplexe, hésitait à répondre, lorsque quelqu'un lança :
-Probablement pas !
-Bien, opina le sage.
Toujours avec infiniment de précautions, il extirpa de sous son pupitre un sceau de sable dont il vida le contenu sur les pierres. Le sable s'insinua entre les cailloux et les graviers.
Une nouvelle fois, il s'interrogea :
-Le pot est-il plein ?
-Non ! assénèrent les spectateurs .
Et comme chacun s'y attendait, il prit un pichet rempli d'eau et le déversa jusqu'à remplir complètement le récipient.
-Cette fois, dit-il, je crois que le pot est plein.
Et chacun acquiesça.
-Quelle grande vérité nous enseigne cette expérience ? demanda alors le sage à son auditoire.
Songeant au thème du cours, la gestion du temps, l'un des dirigeants se risqua à répondre :
-Vous avez voulu nous démontrer que le temps est compressible et que même lorsque notre agenda est surchargé, il est toujours possible d'y ajouter des rendez-vous supplémentaires.
Le maître sourit.
-Non, La grande vérité que nous enseigne cette expérience est que si je n'avais pas mis les gros cailloux en premier dans le pot, je n'aurais pas pu les y faire entrer tous ensuite.
Un profond silence accueillit ses paroles. Chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos, sans toutefois en comprendre le sens.
-Alors posez-vous une question, reprit le maître. Quels sont les gros cailloux de votre vie ? Quelles sont vos priorités absolues ? En un mot, l'essentiel de votre existence ?
Votre famille ?
Votre santé ?
Vos amis ?
Réaliser vos rêves ?
Défendre une cause ?
Vous cultiver ?
Prendre le temps ?
Etre heureux ?
La leçon à tirer de cette expérience est qu'il faut toujours privilégier l'essentiel, et le mettre en premier dans son panier, sinon nous risquons de passer à coté de notre existence.
Si on donne la priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), notre vie n'ira pas à l'essentiel.
L'assemblée écoutait en silence ces phrases pleines de sagesse.
-Alors, ajouta le vieux professeur, posez vous chaque jour la question : quels sont les gros cailloux de ma vie ? Et placez- les en priorité dans votre pot ".